1er des 6 heures, Sébastien Peyrard nous raconte sa course

Voici le compte rendu du vainqueur de la première édition des 6 herures de Dommartin. Bonne Lecture

Ce weekend, c’était les 6 heures de Dommartin, la première fois que je reprenais un dossard (hors course Everest En Sable avec les joëlettes) depuis l’ultra trail du Vercors : c’était en septembre… 2015.

1ère édition d’une course repérée début mai par Laurent qui plus est à côté de chez nous. Je suis partant, je reprends la course à pied après presque 9 mois d’arrêt complet. A partir du mois d’août, je mixe mes entraînements avec du vélo pour essayer de limiter mes blessures récurrentes avec des sorties de plus de 4h en prévision des 6 heures. Nous avons reconnu plusieurs fois avec Laurent Humbert le parcours pour mieux se préparer.
Objectif au départ :

  1. Faire 57 bornes (17 tours) et si cela se passe bien le finir juste avant les 6h pour en faire un 18ème.
  2. Faire dans les 5 premiers, le plateau n’est pas très relevé et nous ne sommes que 25 solos. Les relais sont plus nombreux.

Le départ est donné à 9 heures sur un parcours de 3,45 km alternant chemin en sous-bois et bitume avec 72 mètres de dénivelé dont une bonne trentaine de marches d’escalier.
On a convenu avec Laurent de partir tranquille mais les bonnes résolutions s’envolent avec les premières foulées. Nous voilà avec Thierry Grajdura et le premier tour est bouclé en moins de 17’30. On a 1 min 40 d’avance au tour sur nos prévisions. On se dit tous que c’est rapide et qu’il faudrait ralentir si on veut tenir mais le second tour est sur les mêmes bases et les suivants aussi.

Notre trio fonctionne bien et l’allure se maintient, les 2 premières heures sont faites à 12km/h et les sensations sont toujours bonnes. Thierry est un peu devant suite à des ravitos décalés, on décide de rentrer au train avec Laurent Humbert comme cela s’est fait aux tours précédents. Sauf que cette fois, Thierry ne s’en est pas rendu compte mais il a accéléré, nous décidons d’accélérer pour ne pas le laisser partir. Laurent n’est pas capable de me suivre !!! Cela fait plusieurs années que je m’entraîne avec la fusée Laurent Humbert et j’ai du le lâcher 2 fois à l’entraînement (et encore parce que je n’avais pas couru le week-end précédent et qu’il avait fait l’ultra des coursières ou le marathon du Beaujolais), c’est une énorme surprise de le voir caler si tôt… Même si sa préparation a été tronquée, je pensais qu’on serait ensemble pendant au moins 4 heures.

Je reviens donc sur Thierry Grajdura en lui faisant remarquer qu’il envoie comme jamais : « C’est vrai, faut pas que je me trompe d’objectif, le mien est dans 4 semaines avec Millau ». Je continue sur ma lancée et ne voit pas qu’il ne suit plus. Je me retrouve seul devant après moins de 2h20 de course.

Les premières douleurs derrière le genou gauche et les grosses cuisses apparaissent avant les 3 heures de course, je viens de terminer le 10ème tour (1 tour d’avance sur mes projections les plus optimistes). Je décide de gérer la 2ème moitié de course si je veux finir.
Je viens de doubler le 4ème après 3h30 de course, j’ai 5 minutes sur Thierry et je viens de doubler Laurent qui parle d’abandonner. J’essaie de le dissuader et lui dit que j’aurais probablement besoin d’aide dans une petite heure.

6 heures dommartin, l'arche

4 heures de course, les jambes sont de plus en plus douloureuses mais on le savait. Par contre j’ai du mal à manger ma barre de céréales. J’espère qu’au ravito, je pourrais m’alimenter correctement mais plus rien ne passe : je suis incapable d’avaler quelque chose. Je vais être obligé de finir les 2 dernières heures sans manger. Laurent repart avec moi après ce ravito ou je me contente de remplir ma gourde de Coca. Même si on discute peu pendant ce tour, cela me fait du bien mentalement de ne plus tourner tout seul et ne pas avoir à gérer l’allure.

Le 4ème me passe après 4h40 de course, c’est un ancien habitué des ultras : j’essaie de le garder en ligne de mire car à cet instant c’est le seul que je crains. J’arrive à ne perdre qu’une minute sur ce tour. Il faut que je reste dans cette allure mais cela devient très difficile après 5 heures de course, j’ai les cuisses en feu !
J’en ai marre, je redoute chaque tour et en particulier le kilomètre après l’arrivée. Je n’apprécie plus qu’un passage du parcours : les escaliers car je les passe toujours sur un bon rythme mais paradoxalement cela ne me demande que peu d’efforts. Je suis en train de calculer ou je serais après 5h58 de course : je n’ai pas envie de passer la ligne 1 ou 2 minutes avant les 6 heures pour refaire un tour.

Heureusement Sophie et les enfants sont là pour m’encourager depuis la 3ème heure, ils viennent de découvrir que je suis en tête, c’est l’euphorie chez les enfants 🙂

ravito des 6 heures

J’essaie de ne pas perdre de vue le 4ème sur le 16ème tour mais je m’arrache, l’absence de ravito solide se fait sentir. Ce tour se fait au radar.
Bizarrement, je retrouve mon souffle sur le tour suivant et j’arrive à relancer (un tout petit peu, faut pas déconner non plus) et après 5h30 de courses, les bénévoles m’encouragent « Courage, c’est le dernier tour ! »

Même pas ! Il m’en reste au moins 2. Le seul truc qui me fait tenir est l’idée que la victoire ne devrait plus m’échapper sauf accident.

5h50 – 18ème tour, ca y est cela sent la fin : plus qu’un tour de galère. Julie qui me voit marcher après les escaliers s’inquiète « Allez Papa, faut continuer à courir, tu vas te faire rattraper ». J’ai eu un peu de mal à lui expliquer qu’il y avait les relais pour me doubler. Bref, je n’ai plus qu’à maintenir le train sans me relâcher (ce serait dommage de se faire rattraper dans les derniers mètres).

6h12 : ca y est, mon premier 6 heures est terminé dans un relatif anonymat (j’ai vérifié l’écran pour m’assurer que j’avais bien fini 1er). J’aurais fait 19 tours soit 64,76 kms et 1378m de dénivelé bien au-delà de mes objectifs initiaux. Thierry Grajdura finit avec 13 mn de retard, le 3ème à 1 tour et Laurent Humbert en 6ème position.

Pour une première, j’ai fait des erreurs à prendre en compte pour une prochaine (allure un peu rapide, alimentation, …). Au final, pas de gros bobos si ce n’est des problèmes d’estomac, la faute à tourner 2 heures uniquement au coca et eau comme carburant.
Une grosse satisfaction d’autant que c’est mon 1er podium en course à pied, dommage qu’à la remise des prix, ils ne nous aient pas appelés tous les 3.

6 heures. Le vainqueur

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